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La maitrise

Il y avait, au cœur d’un palais aux murs de soie et de silence, une impératrice dont la beauté n’avait d’égale que la violence de ses colères.


Un jour, dans un éclat aussi soudain qu’un orage d’été, ses mains tremblèrent… et un vase de porcelaine, finement peint, se brisa à ses pieds. Le son résonna longtemps dans les couloirs, comme un avertissement.


Sa servante, fidèle entre toutes, observa sans un mot. Elle connaissait ces tempêtes. Elle connaissait surtout ce qu’elles laissaient derrière elles.


Alors, dans l’ombre et la patience, elle entreprit de transformer la faute en leçon.


Des fragments naquit une parure.

Délicate. Tranchante. Sublime.

À l’image de celle qui la porterait.


Lorsqu’elle la remit à l’impératrice, elle ne prononça qu’une seule phrase :

« Majesté… ceci est votre force, mais aussi votre limite. »


Dès lors, chaque fois que la colère grondait à nouveau, l’impératrice ornait son cou et ses oreilles de cette création fragile. Elle sentait contre sa peau la finesse de la porcelaine… et son danger.


Car le moindre geste brusque pouvait entailler sa peau blanche et parfaite.


Alors elle respirait.

Elle retenait le feu.

Elle devenait calme.


Et dans ce silence retrouvé, la véritable puissance de l’impératrice apparaissait :

non pas dans ses colères…

mais dans sa maîtrise.



Les Limbes Ardentes

 
 
 

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